Sainte anonyme (visages)

L’église Saint Merri se trouve à mi-chemin d’une de mes balades habituelles. Les édifices religieux étant les seuls lieux abrités où il est possible de se poser un peu, j’y fais halte assez régulièrement.

Après un bref repos, j’ai fait le tour des chapelles où il m’est souvent arrivé de glaner quelques images. La lumière était belle, j’ai photographié une belle composition d’anges d’un peintre inconnu.

Je m’apprêtais à repartir quand j’ai remarqué que l’imposant bahut sous le tableau était entrouvert. Poussée par la curiosité, j’ai ouvert le battant et c’est là que m’est apparu le visage à la fois austère et très doux d’une gisante dont rien alentour ne laissait deviner la présence. Elle était couchée là, tenant dans ses mains un bouquet de fleurs en plâtre, ses yeux mi clos butant contre le bois vermoulu de la porte.

J’ai cherché son nom, il n’y avait aucune inscription. Frappée par la beauté de la gisante, je lui ai murmuré que je souhaitais la photographier. Elle n’a pas bronché. Avant de refermer la porte, j’ai caressé le doux visage de l’inconnue et promis de revenir avec une fleur pour ajouter à son bouquet.

Paris, Journal d’images, mars 2021, Chantal Deltenre

À propos de Chantal Deltenre

écrivaine et ethnologue

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