Ce qui, à première vue, surprend – La maison obèse

« Ce qui me frappait, c’était de revoir le visage de la maison obèse et d’entendre sa voix. C’était un vrai personnage au doux regard figuré par les deux fenêtres et à la bouche étroite, une petite porte rouge. Sa voix était enfantine, intimiste comme il sied à un questionnement intérieur. De toutes façons, c’est une petite maison de sept mètres de haut, pour une personne seule, présentée de façon réelle dans plusieurs expositions, mais présente à la Maison de la photographie grâce au film tourné sur elle. Chacun sait que les murs ont des oreilles. Mais moi, je suis persuadée depuis toujours que les maisons ont des yeux. Cette certitude me vient peut-être de l’enfance, quand je passais devant les maisons du village ou sur la route de campagne qui le traversait. Il y avait toujours de légers mouvements de rideaux aux fenêtres, sans que j’aperçoive jamais personne. Les rideaux m’apparaissaient comme les paupières des fenêtres. Elles s’ouvraient, se refermaient : c’était le signe que la maison m’observait… »

Extrait de « La rémanence des images » récit en cours, septembre 2020, écrit après la visite de l’exposition consacrée à Erwin Wurm à la Maison Européenne de la Photographie, Paris

La maison obèse, Erwin Wurm, Maison Européenne de la Photographie, Paris, septembre 2020

 

 

À propos de Chantal Deltenre

écrivaine et ethnologue

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