Lumineuses

Marcher, éclairer le chemin parcouru. Dans la nuit de Prague, le château illuminé m’apparaît comme l’image d’un conte. Je me souviens de qui j’étais, ici même, au bord de la Vlatva, il y a vingt-cinq ans. Ici même, enceinte de ma seconde fille qui marche maintenant à mes côtés. Et cette phrase de Kafka notée dans un carnet en 1994, des mots qui ne m’ont jamais quittée : « Théoriquement il existe une possibilité de bonheur parfait : croire à ce qu’il y a d’indestructible en soi et ne pas s’efforcer de l’atteindre », écrit Kafka dans Préparatifs de noces à la campagne. Qu’ai-je fait de cette possibilité de bonheur parfait ? J’ai voulu croire à ce qu’il y avait d’indestructible en moi et me suis toujours efforcée de l’atteindre. Je n’ai pas suivi le conseil de Kafka. Mais rien ne m’ôte le bonheur parfait de le lire, de m’en souvenir, de le dire à ma fille, vingt-cinq ans plus tard.

1/ Série : images lumineuses/Château de Prague, janvier, nuit. Extrait de journal

 

À propos de Chantal Deltenre

écrivaine et ethnologue

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