Ligne vague

D’où me vient cette attention permanente aux lignes ? C’est peut-être qu’elles sont le point commun entre les actes et les gestes qui composent la part essentielle de mon existence : marcher, écrire, voyager, observer, mais aussi écouter de la musique, collectionner des objets brisés, faire des collages, et à mes heures perdues, coudre dans l’intention exclusive de réparer des déchirures. La ligne, c’est le fil et la trace, la boucle et la trame, la perspective et le contour, la fracture et la suture, le pli et le motif.

Je me demande si ce n’est pas ici, à Ostende, marchant comme je le fais depuis toujours, à la lisière de la Mer du Nord, que m’est venue cette question des lignes. D’abord la ligne des vagues, la ligne-vague, celle qui ne se laisse pas tracer. L’ondoyante, l’indécise, l’incessante renouvelée.

Ecrit en marchant, 1982 : La plage à Ostende. Je marche entre la vague et le sable, la vague qui efface mon pas et le sable qui tente en vain d’en garder la trace. J’essaie de suivre cette ligne qui divague quand soudain, une chaîne à moitié enfouie dans le sable. Une chaîne en travers de mes pas. Une chaîne qui ondoie mollement, mais reste là,attachée à je ne sais quoi. Et qui plonge loin dans la mer. Où va-t-elle ? Peut-être chercher dans les profondeurs, les secrets de la ligne-vague.

Autour des lignes, ligne-vague, Ostende 1982 et ailleurs, Ecrits en marchant (Vol.2), Texte en cours

 

 

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