Points et lignes – Ligne-vague à Ostende

 

C’était à Ostende dans les années 1980. Je marchais à la lisière des vagues. Elles effaçaient au fur et à mesure la trace de mes pas que le sable tentait de retenir en vain. J’essayais de suivre la ligne divaguante des vagues, quand soudain une chaîne à moitié enfouie dans le sable m’a barré le chemin. Elle ondoyait mollement vers le large, tout en restant attachée à je ne sais quoi. Elle semblait plonger loin dans la mer. Où allait-elle ? Peut-être chercher dans les profondeurs, les secrets de la ligne-vague. Celle qui ne se laisse pas tracer,  l’ondoyante, l’indécise, l’incessante renouvelée.

Peut-être est-ce à ce moment-là qu’est née mon attention  aux lignes. Elles sont le point de convergence entre les actes et les gestes qui composent la part essentielle de mon existence : marcher, écrire et à mes heures perdues, coudre, uniquement pour réparer des déchirures.

La ligne, c’est le fil et la trace, la boucle et la trame, la perspective et le contour, la fracture et la suture, le pli et le motif.

Journal d’images 2018 – Chantal Deltenre

 

 

À propos de Chantal Deltenre

écrivaine et ethnologue

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