Cette poésie kanak toujours présente, un trésor…  

Pendant la guerre 14-18, la France colonisatrice envoie des milliers de Kanak comme chair à canon dans la Grande Guerre. En 1917, ils tentent une révolte.  L’épopée est racontée en ténô, vers de huit pieds en paicî, traduits et commentés dans « Les sanglots de l’aigle pêcheur » (éditions Anacharsis). Le poète Paul Wamo et l’anthropologue Alban Bensa interprétaient récemment des extraits au Musée du Quai Branly. Moment précieux ! Voici quelques strophes et, pour illustration, le détail d’une sculpture en cours de réalisation en 2016 au Centre Pénitentiaire de Nouméa où les dessins, poèmes et cahiers de pensées circulaient entre les détenus majoritairement kanak. Cette poésie kanak toujours présente, un trésor…

Alors que le soleil est noir

que la lune tarde à venir

l’étoile du matin se couche

pays et maison moisissent

penchent sapins et cocotiers

s’enflamment cases et dépendances

brûlent demeures et lieux sacrés

s’inclinent conques et perches

alors se lève la brise de terre

le vent du nord souffle et penche

monte la brise rafraîchissante

mais tout ailleurs est arraché

quand se rassemblent les nuages

que se dépose le brouillard

se fend la surface de la terre

se casse en deux la chaîne centrale

se brisent les crêtes de montagnes

que tout s’écroule sur le sol

et tombe jusqu’à l’inondation

brûlé disparu tout à fait.

 

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