Marcher avec David Le Breton, sensible anthropologue

« La marche est une méthode tranquille de ré-enchantement de la durée et de l’espace. Elle est un dessaisissement provisoire par l’atteinte d’un gisement intérieur qui tient seulement dans le frisson de l’instant. Elle implique un état d’esprit, une humilité heureuse devant le monde, une indifférence à la technique et aux moyens modernes de déplacement ou, du moins, un sens de la relativité des choses. Elle anime un souci de l’élémentaire, une jouissance sans hâte du temps. Elle est une expérience de la liberté, une source inépuisable d’observations et de rêveries, une jouissance heureuse des chemins propices aux rencontres inattendues, aux surprises. Même sous la forme d’une modeste promenade, elle met provisoirement en congé des soucis qui encombrent l’existence hâtive et inquiète de nos sociétés contemporaines. Elle ramène à la sensation de soi, aux frémissements des choses et rétablit une échelle de valeurs que les routines collectives tendent à élaguer. Nu devant le monde, contrairement à l’automobiliste ou aux usagers des transports en commun, le marcheur se sent responsable de ses actes, il est à hauteur d’homme et peut difficilement oublier son humanité la plus élémentaire ».
David Le Breton écrit sur la marche, la douleur et la disparition, en quoi tous ses livres se relient et font sens.

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